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Randonnée du 31 Mars 2017 – Bieuzy-Lanvaux et Camors

De la Forêt domaniale de Florange à Camors

Une météo clémente, en dépit des prévisions, permit aux 48 randonneurs de l'ANR de parcourir 18 km sur les sentiers forestiers du plus grand massif domanial du Morbihan - (Florange : 783 hect).

Savaient-ils, ces marcheurs, qu' en ce dernier jour de Mars, ils rendaient hommage à l'une des plus belles déesses romaines, Flora, déesse des fleurs et du printemps, celle qui donna son nom à la forêt dans laquelle ils s'enfonçaient ? Forêt royale que LouisXVI acheta à la Duchesse de la Rochefoucault en 1785. Une forêt mystérieuse, qui garde jalousement ses secrets, ne les révélant qu'à celui qui s'y attarde pour l'écouter.

Elle recèle effectivement nombre de vestiges préhistoriques et gallo-romains mais révèle également des faits historiques plus récents.

Au lieu dit Cornevec on découvre un alignement de mégalithes et dolmen. Un camp gallo-romain et des tombelles gauloises s'y dissimulent.

En 1795, le 5 Juin, elle fut le théâtre de la fameuse bataille de Floranges entre Républicains et Chouans, dont ces derniers sortirent vainqueurs. C'est à cette période révolutionnaire qu'est née l'histoire de cette tombe miraculeuse dissimulée sous l'enchevêtrement inextricacle des branches d'un chêne majestueux, "Bé er Sant", la tombe du Saint. Il s'agit ici d'un "Saint Bleu", un "Saint Républicain" – fait d'une extrême rareté. Il portait le drapeau blanc de la paix et venait parlementer lorsqu'il fut abattu par quelque chouan. La population fut horrifiée par un tel comportement. Il fut donc sanctifié et doté de pouvoirs surnaturels et tout particulièrement celui de faciliter la marche des bébés : chaussons, chaussettes, petites croix de bois y sont donc déposés en ex-voto. N'oublions pas que cet emplacement n'est guère fortuit : le chêne est bien l'arbre sacré des Celtes, symbole de force et de sagesse divine.

Un autre lieu de dévotion est la tombe des sept trous : un prêtre portant le viatique à quelque mourant du village des Granges, aurait eu la tête tranchée par 2 malfrats qui l'y attendaient. La tête rebondit 7 fois, creusant le sol de 7 trous où l'herbe refuse de pousser depuis lors. En ce lieu, au coeur de la forêt, on se recueille encore aujourd'hui, on prie, on réclame réconfort et on dépose de petites croix de bois et vêtements... Cet épisode se situerait pendant les Guerres de Religion.

Si la rando s'avérait trop longue pour se rendre sur ces lieux de mémoire précédemment cités, nous pûmes cependant nous rendre dans le hameau de Saint Mériadec où la chapelle avait coutume d'accueillir les paysans de la région qui réclamaient la bénédiction du Saint pour les bêtes à cornes. Arrivé du Pays de Galles au VI° siècle, comme Saint Cornelly, il était doté d'un tel pouvoir.

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Cette chapelle dépendait de l'Abbaye Cistercienne de Lanvaux située dans la Bourgade de Bieuzy, sur la rive du Loch, une abbaye au riche passé tumultueux. Fondée en 1138 par l'Abbé Ruaud qui devint évêque de Vannes en 1143, elle fut pillée en 1592, puis saisie et vendue pendant la Révolution Française.

Confisquée en 1791, l'abbaye fut achetée par Monsieur Charles Villemain, négociaant à Lorient. Il en fait sa résidence et s'adonne à la chasse sur ce vaste domaine qui comprend moulins à eau et à vent, forêts, pâtures, château de Lanvaux, etc. Ceci fut de courte durée puisqu'il fut assassiné en sa demeure en 1794,

Son fils Bertrand lui succéda et fut élu député du Morbihan. Il sut faire fructifier son patrimoine et installa une verrerie pour la fabrication du verre blanc, du verre à vitre et à bouteilles, en bordure du Loch. Cette activité est menée bon train et crée nombre d'emplois. La forêt fournit l'énergie et le sol, la silice nécessaire à la fabrication du verre. Une autre industrie naquit : la métallurgie, le sol étant riche en minerai de fer. Plusieurs hauts fournaux seront autorisés par ordonnance du roi Charles X.

Bieuzy Lanvaux, petite bourgade de Pluvigner connut donc son heure de gloire et sa forêt, des jours de deuil, souffrant du drame de la grande guerre 14-18, durant laquelle 220 hectares de bois furent rasés pour approvisionner les tranchées. Le terrible ouragan de 1987 poursuivra les dégâts en arrachant 275 hectares de futaie. A partir de 1988, la reconstitution du massif forestier et le renouvellement des plus vieux peuplements qui atteignent l'âge respectable de 180 ans, sont programmés, planifiés et se continuent.

A travers ces évènements passés, nous constatons comment l'histoire locale du plus humble village de campagne porte les stigmates de notre Histoire Nationale. La petite histoire dans la grande !

C'est après un sympathique déjeuner à Camors que nous arpentions un sentier aux racines saillantes, noueuses et trébuchantes, le long du site des étangs du Petit Bois, dans cette commune. Nous marchions sur les traces de Conomore, ce saguinaire comte du Penthièvre, à qui la commune doit son nom. Véritable "Barbe Bleu" à qui une sorcière prédit son assassinat par son propre fils, il n'hésita pas à tuer ses différentes femmes lorsqu'une grossesse s'annonçait. Ainsi Sainte Tréphine, fille du comte de Vannes le roi Waroch, fut décapitée, comme le fut également son fils Saint Trémeur, que la statuaire présente portant la tête dans les mains. C'est sur un site remarquable, où des bouleversements terrestres ont hérissé d'impressionnants rochers, que nous découvrimes entourée d'un profond fossé (douve), la motte féodale sur laquelle était érigée au V° siècle, la construction défensive du château de Conomore.

"Tu trouveras plus de choses dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les pierres t'enseigneront ce qu'aucun maître ne saurait t'enseigner" écrivait Saint Bernard, moine Cistercien.

J'espère donc que chacun de nous aura su profiter et s'enrichir pleinement de cette journée.

Noémi

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